Aller au menu. Aller au contenu.

Journal d’un étranger
par al.jes

On ne rentre jamais…

Bientôt deux mois, qui semblent une éternité.

Je suis rentré en France début octobre, heureux comme tout de revoir ma famille. Diplômé —ou presque—, finissant un stage extraordinaire, de nombreux projets pour l’avenir.

Déjà, je savais que ça ne serait pas rose pour toujours. Déjà, je préparais les prochains départs : retour en Inde en janvier (avec l’excuse de la remise du diplôme), participation à la Train Jam en février (c’est confirmé : j’ai les billets), et déménagement au printemps hors de France.

Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi rapide. Mes parents, qui cherchent plus ou moins consciemment à me faire abandonner mes projets pour me garder près d’eux. Le village, qui ravive d’innombrables souvenirs —pas forcément heureux— de mon enfance. L’ambiance générale, qui retarde de plusieurs siècles. Je me sens comme prisonnier du passé. D’un passé dont je ne veux plus.

Dès lors s’impose une idée. Une envie. Un impératif. Fuir. Le plus loin possible. J’étais heureux, en Inde, en Afrique… Découvrir d’autres mentalités, d’autres modes de vie, d’autres cadres… L’accueil bienveillant, plutôt que ce rejet français de l’altérité. Le souci d’aider, d’aimer. L’humanité. La chaleur, que j’ai perdue en retrouvant le climat nordiste.

Vivre ici m’enfonce dans une noirceur, une négativité. Besoin d’ailleurs. Besoin d’optimisme.

Fuir, et recommencer.

En partant, je suis mort. Je suis né. J’ai vécu. Rentrer m’est devenu impossible. Pas pour une telle durée. Je ne rêve plus que de repartir.

On ne peut revenir en arrière.

On ne rentre jamais.

Publié le 28.11.2016. Lien permanent. Retourner en haut.

©2014 – al.jes, certains droits réservés
Réagissez ! Écrivez-moi : me @ aljes.me