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Journal d’un étranger
par al.jes

Amritsar, Pendjab

Rollerskating

Le Soleil se couche, et nous nous envolons, tandis que l’odeur des épices se répand dans la cabine… Ce soir, nous mangerons tandoori ou ne mangerons pas.

Cette histoire commence dimanche dernier, à trois heures du matin. Adrien et moi nous retrouvons devant le campus, pour attendre le taxi qui doit nous amener à l’aéroport. Deux vols plus tard, nous voilà arrivés en Amritsar, au Pendjab.

Lors de la partition entre l’Inde et le Pakistan, le pays des cinq rivières (c’est l’autre nom du Pendjab) fut l’un des deux états partagés entre les deux nouvelles nations. Et si le Bengale oriental a par la suite déclaré une seconde fois son indépendance pour devenir le Bangladesh, le Pendjab occidental reste la plus riche région du Pakistan.

Cette opulence —toute relative, certes— se retrouve du côté indien, dans de magnifiques paysages, où les champs laissent place aux champs, à peine interrompus par les nombreux canaux et autres points d’eau, d’innombrables bosquets clairsemés, et les villages reliés par de longues routes me rappelant vaguement les voies romaines.

Venant du Maharashtra, tant de verdure me parut incroyable, et me rappela l’Europe. Il faut dire qu’entre les blés et le colza, seuls les palmiers dépareillaient…

Pendjabi Crops #4

Cependant, nous restons en Inde, avec ses villes polluées, ses villages aux maisons carrées, et la gentillesse des gens. Mercredi, par exemple, alors que nous passions à côté d’une ferme lors d’une promenade champêtre, les habitants nous ont hélés, avant de nous offrir un chai, ce thé infusé dans du lait chaud si commun en Inde. D’habitude, je trouve cette boisson écœurante, mais pas cette fois-ci. Ici, le lait, frais au possible, vient de la vache, non d’une quelconque réaction chimique artificielle. Ça aide…

Cette richesse et cette gentillesse s’expriment aussi dans une singularité locale : le Pendjab est le berceau du sikhisme, curieux syncrétisme entre hindouisme et islam, prônant entre autres la tolérance religieuse, l’effacement des castes, l’égalité entre hommes et femmes, etc.

Amritsar, justement, accueille le lieu de culte le plus sacré qui soit aux yeux des sikhs : le Harmandir Sahib, couramment appelé Temple d’Or en raison de son bâtiment principal en marbre plaqué or. Évidemment, nous avons visité l’endroit, très beau, d’inspiration moghole, mais aussi européenne, dans certains détails. On sent que le lieu est (relativement) récent, tout comme la religion qui lui sert de raison d’être.

Golden Temple #6

Outre le Temple d’Or, nous avons visité plusieurs lieux saints, presque tous hindous. L’un d’entre eux, le Lal Mata Mandir, nous propose un parcours digne d’une maison hantée de fête foraine, avec ses jeux de miroirs, ses tours et détours, ses statues pour le moins déroutantes…

Mais ce qui a surtout retenu notre attention, ce sont les parcs, véritables oasis de calme dans la ville, où les gens viennent se reposer, converser, jouer aux cartes… Les pendjabis semblent avoir développé un art de vivre paisible et raffiné, particulièrement charmant.

Et je ne peux clore ce billet sans mentionner la cuisine locale, dont la réputation n’est absolument pas usurpée. Très épicée sans être piquante, et d’une finesse ! On sent un réel plaisir à manier les ingrédients, que ce soit dans leurs plats locaux ou dans leur réinterprétation de plats étrangers, offrant toujours des mélanges plus exquis les uns que les autres.

Même dans l’avion, la nourriture est bonne. Comme je l’avais deviné, une hôtesse de l’air vient de servir du poulet tandoori.


Images : Rollerskating, Pendjabi Crops #4 et Golden Temple #6, par ma pomme.

Publié le 25.03.2016. Lien permanent. Retourner en haut.

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