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Journal d’un étranger
par al.jes

Mangalore

The White Temple

Hier soir, j’ai pris le bus pour rentrer à Pune. Au programme, deux bus et six heures d’escale à Mangalore (à ne pas confondre avec Bangalore, bien plus connue, mais pas du tout sur la route), à l’ouest du Karnataka. Le premier trajet s’est déroulé sans anicroche, et j’ai trouvé un petit restaurant ouvert près de l’arrêt de bus, où j’ai déjeuné avec un thé chaud et un dal à la tomate particulièrement onctueux.

En sortant du restaurant, j’ai trouvé un chauffeur de rickshaw, à qui j’ai demandé de me faire visiter les points d’intérêt de la ville en quelques heures. Il a commencé par me montrer quelques temples (où il a profité pour faire ses prières), une église (où il a prié), puis nous sommes allés à la plage. Je suis allé me baigner et ai profité de douches publiques à cent roupies pour me laver et me changer, après la nuit passée dans le car. Lui a profité de ce temps pour manger son petit déjeuner devant la mer d’Arabie.

Après cette pause, il m’a invité (il a insisté pour payer l’entrée) au zoo local, où je fus surpris de noter parmi les animaux exotiques des… poules. Quand on y pense, ce n’est pas si étonnant que cela, mais être confronté à l’exotisme de ce qui nous semble banal éclaire les choses d’un jour bien particulier. Outre des oiseaux de basse-cour, nous avons vu divers fauves, reptiles et autres bêtes, que j’ai nommés en français à la demande de mon guide. À la fin, nous nous sommes dépêchés afin que je puisse manger (un excellent biryani aux œufs) avant de nous séparer devant l’arrêt du car devant me ramener à Pune.

Mais rien ne sert de courir, il faut que le car arrive à point. Ce qu’il ne fera pas, pour cause de grève. Comme je vois une agence de voyages non loin de là, je me renseigne sur les autres possibilités. Il y a un avion qui part cinq minutes plus tard, l’aéroport étant à l’autre bout de la ville. Pas d’autre avion. Les trains sont surchargés, et il n’y a pas d’autres cars possibles, car la grève est générale. Chouette, je panique.

Il me reste deux possibilités : attendre plusieurs jours sur place et avoir des pénalités pour absence injustifiée (mon école est très pointilleuse sur cette question), ou prendre un taxi pour vingt heures de route. Je me demande encore comment j’y ai réussi, mais j’ai pris la seconde option.

J’écris donc ces lignes dans le taxi, en compagnie d’un chauffeur ne parlant que quelques mots d’anglais (les nombres, oui, non, juste l’indispensable pour négocier avec les clients ne parlant ni hindi ni kannada), après avoir profité de vues splendides et d’un coucher de soleil extraordinaire sur le littoral de la mer d’Arabie. Le prix est élevé, mais rien d’exorbitant compte tenu du trajet, et surtout moitié moins que ce que mon chauffeur demandait.

Je n’ai pas mangé ce soir. Pas faim. Je suis trop fatigué pour ça. Puis, demain, je serais de retour chez moi.


Image : The White Temple, par ma pomme.

Publié le 03.01.2015. Lien permanent. Retourner en haut.

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