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Journal d’un étranger
par al.jes

Le Transport en autocar

The Road to Kochi

Lorsque j’ai préparé mes transports, avant ce voyage, j’ai choisi de prendre le car entre Pondichéry et Kochi avec l’idée qu’ainsi je connaîtrais les conditions de voyage des Indiens. J’ai été servi !

Pour commencer, le car est arrivé avec une heure de retard. Ce n’est pas grave, ça m’a permis de terminer le premier jet de l’article précédent. C’est quand j’ai rejoint ma place que ça s’est gâté.

Il y a quatre classes principales dans les transports indiens : general (on a le droit d’entrer dans le véhicule, mais pas de place attitrée), sitter (place assise), semi-sleeper et sleeper. J’ai voyagé en semi-sleeper. Cela veut dire que j’avais un siège dont le dossier peut s’abaisser presque jusqu’à l’horizontale. Pour un trajet de nuit, ça me semblait pratique, permettant d’être allongé sans payer la classe la plus chère. Ce fut une belle erreur : de nuit, tous les sièges sont allongés, si bien qu’on n’a absolument aucune place pour bouger les jambes.

Vers trois heures, notre véhicule est tombé en panne. Un autre car est arrivé quelques minutes plus tard, nous avons donc repris la route après avoir déplacé les bagages et constaté qu’il restait des places assises (enfin… semi-allongées) pour tout le monde. Ce fut de courte durée, puisque le second car est, lui aussi, tombé en panne. Une fuite, apparemment d’essence. Nous sommes sortis en vitesse et nous sommes éloignés. Quand il est apparu que le car ne prenait pas feu, quelques-uns, rapidement imités par les autres, sont allés chercher leurs bagages dans la soute.

C’est là, en ouvrant cette dernière, que nous sommes tombés nez à nez avec… le second chauffeur, dormant sur les bagages et ne se doutant de rien. Il a eu une sacrée chance, celui-là. Dans le même temps, je me plains de mes conditions de voyage, mais je n’ose imaginer les siennes.

Un troisième car est arrivé peu après, mais déjà plein, certains voyageurs dormant déjà à même le sol. Parmi mes compagnons d’infortune, quelques-uns choisirent l’entassement, tandis que d’autres préfèrent appeler la compagnie pour avoir droit au confort minimal pour lequel ils avaient payé. Voyant le second groupe relativement conséquent et ne m’imaginant nullement voyager debout pour au moins quatre heures de plus, je suis resté sur le bord de la route avec eux.

Cela fait maintenant une bonne heure que nous sommes ici. Un car devrait bientôt arriver de Bangalore. En attendant, je rédige ce billet, hilare : j’avais voulu faire l’expérience du voyage tel que le vivent les Indiens. Je l’aurais vécu, cette expérience ! Quand j’ai discuté avec lui, un autre voyageur m’a expliqué que la compagnie à laquelle j’ai fait appel est parmi les plus fiables. J’ai du mal à m’empêcher de rire en pensant aux autres compagnies.

Finalement, on n’est pas si mal, ici, dans la lueur grise préparant l’aube.


Image : The Road to Kochi, par ma pomme.

Publié le 28.12.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

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