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Journal d’un étranger
par al.jes

Auroville

Sacred Tree

Ce matin, j’ai fait la grasse matinée. En me levant, j’ai regretté de ne pas avoir réellement laissé sa chance à Auroville, surtout après la visite de l’ashram d’hier. J’ai donc pris un rickshaw en direction de ce repère de hippies, décidé d’en tirer le meilleur.

Chemin faisant, j’ai pu constater combien l’endroit où j’avais séjourné mercredi soir était éloigné du cœur de la forêt. Ce n’était, finalement, qu’une sorte de faubourg, pourvu que l’on ose qualifier une forêt de bourg. Mon chauffeur me dépose donc dans un hameau dédié aux visiteurs, où, derrière quelques bâtiments, on aperçoit une éolienne bricolée avec les moyens du bord, quelques œuvres d’art et quelques jardins.

J’explore un peu les lieux, avant de m’asseoir devant une cafétéria où je venais de commander un sandwich végétarien (c’était ça ou végétalien), un thé glacé et un délicieux gâteau au thé et aux noix. Je savoure, puis entreprends une promenade dans la forêt, direction le Matri Mandir, le temple de la secte new age qui a fondé Auroville.

Je pense qu’il est temps d’expliquer Auroville à ceux qui ne la connaissent pas encore. Au commencement, il y a Sri Aurobindo, l’une des personnalités à qui l’Inde doit d’être indépendante, avec le Mahatma. Cependant, là où Gandhi est un humaniste, Aurobindo est un mystique prônant une évolution de l’homme par la spiritualité. Après s’être installé à Pondichéry, il a fondé un ashram et la secte allant avec. Son apôtre principale, surnommée « Matri » (mère), prendra sa succession et fondera une « ville » pour la secte, au milieu d’un plateau quasi désertique.

Cependant, ni Aurobindo, ni Matri n’ont présenté leur secte comme telle. Au contraire, ils l’ont entourée d’un discours pseudoscientifique et spiritualiste, ainsi que de la pratique de mystères (par exemple, il faut travailler plusieurs mois comme bénévole dans l’une des communautés entourant la secte avant d’espérer entrer dans le Matri Mandir). La méthode fonctionna à merveille, si bien que le plateau quasi désertique devint une forêt (l’une des tâches emblématiques du lieu étant de planter des arbres) et que la concentration en hippies devint impressionnante. Encore aujourd’hui, Auroville est présentée comme une sorte de campus universitaire, et le discours officiel insiste sur l’absence de religion à Auroville.

Matri Mandir

Je me dirige donc vers le Matri Mandir puis, après une bonne marche, finis par atteindre un poste d’observation, endroit le plus proche du temple autorisé d’accès pour un simple visiteur comme moi. J’avais déjà vu le bâtiment en photo et force est de constater qu’il est plus beau en vrai qu’en image. J’aurais aimé voir l’intérieur, dont Païkan, qui a planté des arbres pendant quelques mois, m’a dit grand bien, mais les efforts demandés pour pouvoir entrer me semblent disproportionnés. Tant pis.

En rentrant au centre des visiteurs, je savoure une part de gâteau au chocolat et un thé glacé devant la cafétéria où j’ai mangé ce midi. Puis j’ai repris la route de Pondichéry, la nuit étant tombée. Je suis retourné à l’hôtel pour le check-out, puis ai décidé de retourner au restaurant d’hier. J’ai dîné avec un onglet à l’échalote, du riz, une part de tarte au citron et… oui, encore du thé glacé. J’écris ces lignes en attendant le car qui doit m’emmener à Kochi.


Images : Sacred Tree et Matri Mandir, par ma pomme.

Publié le 27.12.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

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