Aller au menu. Aller au contenu.

Journal d’un étranger
par al.jes

Pondichéry

Immaculée

Hier, je me suis levé fort tard. Peu désireux de reproduire le repas décevant de la veille, et n’ayant rien d’autre à proximité, j’ai repoussé le déjeuner à mon arrivée à Pondichéry. Le relatif isolement de la guesthouse aidant, j’ai aussi décidé de me trouver un autre logement, en ville. J’ai donc pris un rickshaw et me suis trouvé une chambre d’hôtel pour pas trop cher, en plein milieu du quartier tamoul.

Une fois installé, je suis parti visiter la ville. Constatant que le quartier était assez ordinaire pour une ville indienne, je me suis dirigé vers le quartier colonial, également appelé « Ville blanche », pour finir par déjeuner, à quatre heures, d’un gratin de chou-fleur et carotte (sans patate), d’un sandwich aux champignons et d’une madelaine (sic ; en prime, il s’agissait davantage d’un muffin à la cannelle), le tout arrosé de thé glacé.

Pondichéry

Après le repas, j’ai parcouru la promenade de mer, profitant de l’air marin, puis les rues (en français) de la Ville blanche. L’architecture rappelle certains lieux de villégiature de la bourgeoisie du dix-neuvième siècle, comme si le temps s’était arrêté à un moment donné. Puis, par endroits, le temps laisse sa trace, pour dire de… Un tag, un bâtiment délabré, nous rappellent que nous sommes bien au vingt et unième siècle.

J’erre donc, entre deux temps, entre deux mondes, jusqu’au bout du jour. Je rentre dans un restaurant à la devanture attrayante, mange, suis déçu, puis prends un rickshaw pour retourner à l’hôtel. Pour une fois, je n’ai pas négocié. Parce que le prix me paraît dérisoire, mais surtout parce que je n’ai pas su réagir, quand le chauffeur m’a proposé un prix en français. L’expérience de la négociation est pour moi tellement associée à l’anglais, qu’il m’a paru inconcevable de donner un prix en français. La chose est tellement ancrée en moi que, les jours suivants, je suis passé intuitivement à l’anglais pour négocier mes transports.


Ce matin, je me suis levé tôt, avec pour objectif le jardin des plantes. Une fois sur place, j’ai été un peu déçu. Avec un tel climat, je m’attendais à voir pléthore de fleurs et de couleurs, mais le lieu est petit, peu entretenu et peu fleuri. Tant pis.

En sortant, je me suis dirigé vers le quartier musulman, dont on m’avait dit que les rues étaient restées très anciennes, mais sans l’ostentation de la Ville blanche. En effet, le lieu est très beau et j’ai une fois de plus ressenti cette impression d’être hors du temps. Je m’y suis promené longuement puis, vers midi, j’ai déjeuné avec un succulent gratin d’aubergines, du thé glacé et un plat de pâtes et blancs de poulet dans une sauce à la mangue. Un régal.

Cet après-midi, je suis retourné en Ville blanche et, au cours de mes déambulations, en ai profité pour visiter autre chose que les rues, parcs et jardins. Pour commencer, je suis entré dans l’église Notre Dame, un endroit merveilleux, captant la lumière d’une façon tout simplement magnifique. Voyez plutôt.

Dome of Light

Ensuite, je suis allé visiter l’ashram de Sri Aurobindo, un « lieu de méditation » (un temple en réalité) ayant appartenu au fondateur d’Auroville. Je n’ai pas pu prendre de photo, et pourtant j’aurais aimé vous montrer ça : un petit pavillon au milieu d’un jardin fleuri aux mille couleurs, avec une procession de croyants embrassant ledit pavillon avant d’aller méditer sous les arbres. Je les ai rejoints dans leur méditation, et ai pu apprécier la paix qui se dégage de l’endroit.

En sortant, je me suis dirigé vers un musée que j’avais repéré, et où s’est confirmée la « muséographie » que j’avais pu observer à Chennai. Encore une fois, ce même fouillis, cette même envie de montrer tout ce qui peut l’être, cette même confusion entre qualité et quantité. Quelques pièces valaient vraiment le détour, mais cachées dans la multitude. Dommage.

Le soir venu, je me suis trouvé un restaurant vraiment sympathique, où j’ai mangé un très bon steak avec une sauce au bleu, du riz basmati, et une part de tarte Tatin. Ça m’a fait grand bien de manger français, pour une fois.


Images : Immaculée, Pondichéry et Dome of Light, par ma pomme.

Publié le 26.12.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

©2014 – al.jes, certains droits réservés
Réagissez ! Écrivez-moi : me @ aljes.me