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Journal d’un étranger
par al.jes

Chennai

Two Gods

L’avion a atterri à Chennai avec deux heures de retard, soit à trois heures du matin. À cette heure-là, c’est peu de dire que je n’avais aucune envie de chercher un hôtel. Heureusement, le camarade Païkan m’avait donné l’adresse d’une guesthouse convenable, adresse que je m’empressais de donner au premier taxi annonçant un prix convenable.

Sur place, je réveillai le réceptionniste en frappant à la porte. Comme je m’en excusais, ce dernier me dit que c’était normal, que c’était son travail. Je vis en Inde depuis quatre mois maintenant, mais je suis toujours pris de court par leur sens du service.
Bref, j’ai pris avec plaisir la chambre qu’il me proposa, qui par ailleurs était très bien, et me suis couché pour une courte nuit. Le check-out était à dix heures et je ne comptais pas passer de deuxième nuit à Chennai.

Après quelques heures de sommeil et une douche sommaire, je quittai donc l’endroit pour me promener dans Chennai. Comme c’est une ville somme toute ordinaire, j’ai demandé à un chauffeur de rickshaw de me montrer un endroit qu’il ne montrerait pas à un touriste. Il m’a conduit jusqu’à un musée.

Je n’avais pas encore pénétré un musée depuis mon arrivée sur le sous-continent et, eh bien, c’est une expérience inattendue. Il n’y a pas vraiment de muséographie, pas de parcours logique, pas d’histoire racontée au visiteur, seulement un gigantesque bric-à-brac, un amoncellement d’objets sans suite. L’anthropologie suit la philatélie, qui succède à la sculpture religieuse, elle-même rangée sans ordre particulier, sinon celui dicté par l’envie apparente de mettre le plus d’objets possible dans le moins de place possible. Les collections s’entassent et il est difficile de s’y repérer. Certaines salles sont magnifiques, et d’autres laissent voir la tuyauterie, visiblement non prévues pour cet usage.

Cependant, quand on fait attention au détail, on peut trouver la perle rare, qui résonne avec notre imaginaire et donne des idées pour nos projets créatifs. Notamment, j’ai trouvé un grand nombre de peintures contemporaines proprement extraordinaires. Certaines toiles, notamment, mêlaient brillamment tradition picturale indienne et… cubisme. En sortant du musée, je me suis promis d’aller visiter un musée d’art moderne une fois rentré à Pune.

La visite terminée, je suis allé récupérer mon bagage, puis j’ai pris un taxi pour Mamallapuram, un village de pêcheurs à mi-chemin entre Chennai et Pondichéry, dont Païkan m’a conseillé la visite.


Image : Two Gods, par ma pomme.

Publié le 23.12.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

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