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Journal d’un étranger
par al.jes

Sur la route de Pune

On the Motorway

Je rentre d’une fin d’après-midi en ville, et j’ai passé le chemin du retour à l’arrière d’un rickshaw, mon voisin ayant une fesse sur le siège, et une autre au-dessus du vide. Allez savoir pourquoi, j’aurais attendu cela pour vous raconter la route punéite.

Pourtant, j’aurais pu vous en parler dès mon arrivée, tant ma première expérience de route fut vivifiante. À l’avant d’un taxi 4×4, j’eus tout le loisir de constater à quel point les stimuli arrivaient de partout. Ça dépasse à droite, à gauche, ça roule à contresens, et surtout, surtout, le klaxon est roi. Les deux-roues sont partout, zigzaguant entre les nids-de-poule et les chauffards. Au milieu de ce ballet, j’eus même le plaisir d’entendre un éléphant barrir en réponse à un klaxon, malheureusement caché dans la remorque fermée d’un immense camion.

D’une certaine façon, ça m’a rappelé ce que j’avais connu en Chine, avec une différence notable tout de même : là où le chauffard chinois conduit au bluff, l’indien se contrefiche de ce qui l’entoure. L’état des routes l’empêche toutefois de conduire trop vite. Ici, on roule à soixante kilomètres par heure sur autoroute. Ce qui permet à de nombreux commerces de s’installer sur le bord de l’autoroute, et à de nombreux conducteurs de traverser les voies, voire de les remonter à contresens, pour aller se garer devant l’un desdits commerces. Ce qui me permet également de taquiner mes parents en leur annonçant qu’il m’arrive de traverser l’autoroute de nuit ;)

J’aurais pu également profiter de ma première visite en ville pour vous en parler. Ou de chacune de mes expériences en rickshaw ou en bus… Par exemple, les Indiens connaissent la solution pour éviter la fraude : en plus du chauffeur, chaque bus est équipé d’un employé qui vend les tickets à bord, et certains bus ont un troisième employé qui vérifie à la sortie qu’on avait acheté le bon ticket (le prix varie en fonction de la distance parcourue).

Les rickshaws, quant à eux, sont une sorte de gros tricycle avec un habitacle en toile et plastique et un moteur de bicyclette. On en trouve deux sortes : les plus petits ont jusque trois places à l’arrière et se font payer au kilomètre, comme un taxi ; les plus grands, partagés, ont la capacité pour six personnes à l’arrière et une à l’avant plus le chauffeur, mais il m’est déjà arrivé de voyager dans un rickshaw partagé contenant onze personnes à l’arrière et quatre à l’avant (plus le chauffeur, sur les genoux d’un passager). Le rickshaw partagé est beaucoup moins cher que le rickshaw au kilomètre qui, pour cause de nettement moindre consommation de carburant, est environ quatre fois moins cher qu’un taxi.

Cependant, il est important de faire attention lorsque l’on prend un rickshaw et qu’on est blanc. Si la quasi-totalité des commerçants sont honnête et qu’il n’y a usuellement aucun besoin de négocier, il reste l’exception remarquable des chauffeurs de rickshaw. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis vu proposer de payer plus du double du prix normal… Le résultat est que —même en négociant—, j’ai toujours payé un peu plus que le prix normal. Sauf en rickshaw partagé. C’est la raison principale pour laquelle je préfère ces derniers aux rickshaws au kilomètre, plus encore que pour le montant à payer. Il est toujours plus agréable quand le prix ne change pas à la tête du client.


Image : On the Motorway, par ma pomme.

Publié le 28.09.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

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